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La belle endormie du métro

07 Nov

00h15, avant-dernier métro sur cette station très fréquentée du centre-ville.

Contrairement aux derniers jours de la semaine, le quai sonne creux en ce lundi soir. Le métro arrive, je m’y insère et m’assois à côté d’une jolie jeune fille au regard blême.

Ses yeux sont remplis de sommeil…

Son fard est encore intact sur ses grandes paupières au-dessus de ses jolis yeux bleus que j’ai pu apercevoir entre deux battements de cils dus à la fatigue. Elle tangue sur elle-même en regardant les deux jeunes filles assises en face d’elle comme pour donner un point d’accroche à son esprit et ainsi lutter contre le sommeil.

Je n’ai compris qu’à l’arrêt suivant qu’elle n’était pas avec elles. Sinon elles l’auraient saluée en partant.

Elle tanguait toujours et je m’amusais à la regarder faire grâce au reflet dans la vitre de la rame de métro.

« Tu m’as l’air en pleine forme toi dis donc ? »

Elle se tourne et m’éclaire de son sourire. Elle acquiesce et si l’on s’était connu même une demi-heure plus tôt, elle aurait posé sa tête contre mon épaule pour s’assoupir pour de bon. Au contraire, pour la tenir éveillée, je continue de lui parler, la questionne sur son activité des dernières heures pour sembler aussi fatiguée et endormie. Nous entamons une conversation lente mais détendue.

Et puis arrive son arrêt de métro qui est à 3 stations du mien.

J’analyse la situation, hésite…

Quelles sont les solutions ?

Lui demander extrêmement banalement son ZéroSix ?
Lui proposer de la raccompagner au risque d’essuyer un refus de sa part plus de politesse ou de peur qu’autre chose ?

Dans la vie, il faut être offensif, je me lève avec elle et ne lui laisse pas d’autre choix que de la raccompagner. Le sommeil est un argument de soumission, elle m’accompagne 8 minutes plus que je ne l’accompagne moi-même. Elle finit même le trajet accrochée à mon bras – principalement pour soulager ses jambes qui ont déposé un préavis de grève – discutant à demi-mot pour répondre à mes répliques que je calibre à la fois douces et susceptibles de réaction pour à la fois susciter son intérêt et la garder éveillée (il faut quand même qu’on arrive jusque chez elle).

Je n’ai à ce moment là aucun objectif charnel, même si l’idée m’est passé par la tête. Mais ce serait trop beau, une jeune étudiante de 23 ans, me laissant la raccompagner chez elle, endormie, se réveillerait alors au bon moment pour me remercier en nature de mon attention ? Soyons sérieux.

La porte de son immeuble ne ferme pas, je pénètre en sa compagnie dans le hall. Je la regarde, elle me regarde, je la regarde, elle ne me regarde déjà plus, appuyée contre moi, les yeux clos. Bref, je lui demande son étage et remarque qu’il n’y pas d’ascenseur.

Tant pis, je prends le partie de me faire un lumbago et décide de la porter jusqu’à devant chez elle. Malgré son minois à faire craquer Dom Juan, elle doit bien toute habillée et avec son sac à main taper ses 65 kg. Je ne sais pas trop comment la… prendre. A ce moment, le pratiquo-pratique prend le dessus et je considère que la meilleure façon de la porter de façon confortable et en sécurité est de faire comme j’ai l’habitude de porter une fille quand il y en a besoin : face à face, comme si l’on faisait l’amour.

Je glisse alors mes mains sous ses fesses et désamorce son râle mou de protestation en lui demandant de sauter légèrement pour que je soutienne ses cuisses plutôt que son fessier ma foi fort agréable. La demoiselle m’aide en s’accrochant bien à mon cou des ses bras, la tête enfouie dans mon écharpe.

Arrivant devant sa porte, son poids est encore supportable et je prends plaisir à l’avoir là, serrée contre moi. Je ne la lâche pas. Elle non plus.

Je la plaque contre sa porte et recule de quelques centimètres ma tête. Elle en fait autant et c’est le plus naturellement du monde que nos bouches viennent à se rencontrer nous entrainant dans un baiser délicieux, aussi doux que sensuel, grisés tous deux par l’insolite situation.

Après quelques secondes, je la libère. Elle tourne la clé dans la serrure et m’emmène à l’intérieur en me prenant la main.

Le reste appartient aux seuls murs de l’appartement qui s’en souviendront longtemps, le désir ayant remplacé avec ardeur le sommeil de la belle endormie du métro.

Voici une belle histoire pour moi n’est-ce pas ? Pour tout autre homme qui l’aurait vécue aussi d’ailleurs. Une belle histoire que j’aurai pu vivre si mon ventre noué ne m’avait pas empêcher de lui parler dans la rame de métro.

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Publié par le 7 novembre 2012 dans Uncategorized

 

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